UE: Un compromis sur le travail détaché

Lundi soir, les ministres du Travail européens se sont accordés sur la durée de détachement, une mesure permettant aux Européens de travailler dans un pays étranger en cotisant dans leur pays d’origine. Le projet qui s’était heurté à de vives réactions en Pologne avait été propulsé par Emmanuel Marcon pendant sa campagne présidentielle. Le chef d’Etat s’est félicité de ce qu’il considère comme une avancée pour les Européens.

 

[divider]Compromis européen sur le travail détaché[/divider]

A l’issue d’une journée de négociations express, les 28 pays de l’UE ont finalement voté: la Pologne, la Hongrie, la Lettonie et la Lituanie se sont opposés au projet alors que le Royaume Uni, l’Irlande et la Croatie se sont abstenus. Les autres membres ont approuvé ce « compromis » qui vise à harmoniser les salaires « sur le même lieu de travail ». Les Européens pourront donc travailler dans un pays étranger 12 mois maximum, en continuant de cotiser dans leur pays d’origine avec un possible renouvellement de 6 mois à la demande de l’entreprise.

Le vote final n’est pas une fracture Est/Ouest. Il n’y a pas de gagnants ou de perdants aujourd’hui, c’est juste l’Europe qui gagne, ministre du Travail, Murielle Pénicaud.

La ministre du Travail, Murielle Pénicaud, a assuré qu’il ne s’agit pas là d’une division « Est/Ouest«  car toute l’Europe y trouverait son compte. Pourtant, la Pologne a particulièrement exprimé son rejet «dans l’intérêt des travailleurs polonais», selon la première ministre polonaise Beata Szydlo.

 

Beatz Szydlo, la première ministre polonaise

« L’absence de l’Etat est le pire ennemi de la santé des migrants »

 [toggler title= »Interview » ]Af[/toggler]
 [divider]Julian Mez, co-fondateur de l’association du BAAM – Bureau d’Accueil et d’Accompagnement des Migrants, chef de son service Pôle Santé, et étudiant en 4ème année de médecine à Paris.[/divider]

 

Vendredi, l’opération « mise à l’abri » a permis l’évacuation du camp de migrants aux abords de la station Stalingrad dans le nord de Paris. Plus de 3.000 personnes ont été orientées vers 74 centres d’hébergement et une dizaine de gymnases situés en Ile-de-France.

Pour justifier cette mesure, la Maire de Paris Anne Hidalgo, a rappelé notamment d’une « situation humanitaire et sanitaire dramatique », dans une lettre rendue publique le 30 octobre dernier sur Twitter. La situation sanitaire s’est en effet aggravée sur le site ces dernières semaines selon plusieurs associations. Julian, chef du Pôle Santé du BAAM (Bureau d’Accueil et d’Accompagnement des Migrants), qui intervient sur le terrain depuis le début de l’installation du camp, nous explique les principales menaces sanitaires qui visent ces populations migrantes.

 

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Quels sont les principaux problèmes de santé observés dans les camps?

La principale menace pour la santé des migrants est double: elle est physique et psychologique. En matière de santé physique, 60 à 70% des populations dans les camps soufrent de grippes chroniques; 20 à 30%, de la Galle, et environ 5% de la Tuberculose. D’un point de vue psychiatrique, nous observons de graves troubles liés aux traumatismes de guerre, à l’itinéraire chaotique depuis les pays d’origine, la solitude et les difficultés dans les démarches de régulation. Ces troubles sont souvent des dépressions ou des décompensations subites. Cependant, pour des raisons culturelles, beaucoup de migrants ne se confient pas sur leurs souffrances psychologiques ce qui ne favorise pas notre travail de détection de la maladie et son traitement.

 

En quoi la situation de campement aggrave la prolifération des maladies infectieuses?

Premièrement: la promiscuité. Les migrants sont entasser dans un espace restreint ce qui augmente les risques liés à la transmission des maladies infectieuses et bactériennes. Deuxièmement: le manque de ressources matérielles. Par exemple: faute de couvertures et de vêtements chauds, ils se prêtent des affaires entre eux et se transmettent davantage les bactéries. Enfin, l’interruption des traitements médicaux, en raison des mouvements des populations entre les camps et les centres d’accueil, aggrave leur(s) problème(s) de santé. Surtout lorsqu’il s’agit justement de traiter une maladie infectieuse ou des troubles psychiatriques qui nécessitent respectivement un suivi médicamenteux et une assistance thérapeutique régulière. Et je ne vous parle pas des femmes enceintes ou des nouveaux-nés dont la santé est particulièrement en danger.

 

C’est un cycle sans fin.

 

Justement, l’Etat leur offre t-il une assistance particulière?

Oui, ou du moins il font semblant. La préfecture de Paris propose des solutions d’hébergement prioritaires pour les personnes dites vulnérables: femmes enceintes, nouveaux-nés, jeunes enfants et mineurs isolés. Ce sont souvent dans des hôtels insalubres et en banlieue. Faute de meilleures conditions de vie et privées de l’aide associative déployée dans les camps (nutrition, assistance juridique, distribution de vêtements…), ces populations abandonnent leur logement et reviennent dans les campements. C’est un cycle sans fin.

 

Quelles sont les ressources dont vous manquez le plus pour mener vos actions sanitaires?

Nous avons besoin que l’Etat installe dès le début les équipements sanitaires vitaux (toilettes et douches). Il réagi dans l’urgence lorsque des cas d’épidémies sont déjà signalés. A Stalingrad, il nous a fallu un mois pour obtenir l’installation des toilettes chimiques. Pendant ces semaines de négociations avec la Mairie, la situation hygiénique du camp a eu largement le temps d’empirer. Par ailleurs, les délais très longs pour obtenir l’AME laissent les personnes malades sans suivi médical pendant plusieurs mois. Finalement, c’est l’absence ou la négligence de l’Etat qui est le pire ennemi de la santé des migrants.

 

Pour obtenir une place dans un hôpital, il faut être en état d’urgence clinique

 

A l’approche de l’hivers, quels sont les principaux enjeux de votre collectif?

Notre principal challenge, c’est le relogement rapide des personnes malades avant les températures hivernales qui constituent une fragilisation supplémentaire pour leur état de santé. Or, pour obtenir une place dans un hôpital, il faut être en état d’urgence clinique. Pour ceux qui ne le sont pas, il faut qu’il fasse au moins -5 degrés pour faire une demande à la préfecture de Paris et obtenir une place dans un gymnase. A -4 degrés, il ne vous reste que les associations comme nous pour recevoir des vêtements chauds et des premiers soins.

Propos recueillis par Florise Vaubien, dimanche 6 novembre 2016.

Le Qatar ou l’esclavage des temps modernes

[divider]Qatar ou le mirage de l’eldorado[/divider]

 

Ils sont nombreux à l’aéroport de Katmandu: tous rêvent de payer l’école de la frangine et de rembourser le prêt hypothécaire du patriarche. Au Népal, on compte 2000 travailleurs qui s’envolent chaque jour au pays du désert. 500 rêveurs reviendront chaque année entre 4 planches dans un cercueil.

 

esclavage

« Renvoyés à l’expéditeur » depuis le Qatar, qui a tout du pays de l’esclavage moderne: privation de liberté, salaires non payés, passeports confisqués, même la chaleur de plomb parfait le portrait du régime de l’enfer.

 

Le Qatar: prochaine destination pour la Fifa, dernière escale pour certains. Les bosseurs qui viennent chercher un eldorado imaginaire représentent pas moins de 80% de la population. Une véritable masse ouvrière tenue sous silence qui travaille en moyenne 14 heures par jour pour 200 euros par mois… Quand l’entreprise veut bien respecter sa petite part du contrat. 200 euros, une misère? Pourtant l’humiliant gagne-pain est 10 fois plus élevé que le salaire moyen népalais. Du coup, il est facile de les tenir en captivité, comme un fauve qui aurait perdu la mémoire de la liberté. Une fois de plus, la misère fait le bonheur de certains…

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New York: la nouvelle carte d’identité pour immigrés menacée?

[divider]Les new yorkais clandestins en danger?[/divider]

 

Savais-tu qu’à New York City, une carte d’identité existe pour ses résidents, qu’ils soient américains ou clandestins? On t’explique. La nouvelle, peu relatée sur le Vieux Continent, a été officialisée en 2015. La municipalité de New York a lancé une super carte d’identité ne se basant pas sur la nationalité mais sur le lieu de résidence.

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Elle s’appelle IDNYC et compte déjà 800.000 titulaires. Une véritable révolution pour les immigrés souvent privés de multiples avantages exclusifs à la nationalité. Le hic: Trump et son objectif de virer tous les clandestins du pays. Mais le Maire de New York Bill de Blasio s’est montré rassurant et a assuré qu’il protégerait les données confidentielles de chaque titulaire de cette carte…

 

 

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Liberland: le pays le plus libre et le plus inaccessible

[divider]Liberland… Le nouveau pays à l’accès interdit[/divider]

 

freedom

En 2015, l’entrepreneur tchèque Vit Jedlicka s’auto-proclamait président de la micro-nation qu’il venait de créer: Liberland. Le tout nouveau pays, perdu entre la Serbie et la Croatie, revendiquait une capitale – Liberpolis, une ébauche de constitutiondeux langues officielles (anglais et tchèque), une devise et même un drapeau. Pourtant, un an plus tard, le projet piétine. Ironie du sort, au pays « le plus libre du monde« , son propre souverain ne peut pas y mettre les pieds.

 

L’initiative ambitieuse de créer un pays utopique semblait définitivement en marche. Alors que la Croatie et la Serbie délaissaient cette terre limitrophe sans intérêt, les 7 km2 de terra nullius (« une terre sans maître ») étaient encore dispo pour n’importe quel conquistador audacieux. Idéal pour donner vie à l’imagination du tchèque libertarien: créer une démocratie idéale avec un minimum de réglementation (…). De quoi attirer du monde: 300.000 demandes de nationalité envoyées!

 

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