Game of Thrones : une exposition à la hauteur de la série

Dès le 1er juin à la Porte de Versailles, cet événement incontournable replonge les fans dans l’univers de la fiction blockbuster de HBO. Un must.

 

À condition d’accepter d’en payer le prix (19,90 euros par personne, hors tarif groupes), c’est l’exposition que tout amateur de Game of Thrones se doit impérativement de visiter. Déjà passé par Barcelone, cet événement, fruit d’un accord passé l’été dernier entre HBO et l’organisateur GES Events, propose de nous plonger dans les décors et ambiances du royaume des Sept Couronnes, à travers une superbe mise en place répartie sur 2 000 mètres carrés.

Enveloppés dans la pénombre parfois trouée par un somptueux jeu de lumières, les fans évoluent à travers une myriade phénoménale de costumes, accessoires, statues, dispositifs multimédias, sons et même odeurs propres aux territoires traversés, répartis en dix « scènes » (Antichambre, table des Cartes, La route Royale, Port-Réal, Les maisons nobles de Westeros, La chambre Targaryen…). Directement prêtées par la production et HBO, les pièces exposées sont tout simplement à couper le souffle, qu’il s’agisse de la magnifique robe en cuir structurée portée par Cersei Lannister en montant sur le trône, du costume du roi de la Nuit, de la robe de mariée de Margaery Tyrell, de l’épée en acier valyrien de Jon Snow ou du collier de Sansa Stark. La liste est trop longue ! Sans oublier le mythique trône de Fer qui clôt la visite.

Jeudi 31 mai, le vernissage de cette spectaculaire exposition fut précédé d’une conférence de presse donnée par les organisateurs, en présence de trois acteurs de la série : Isaac Hempstead Wright (alias Bran Stark à l’écran), le désopilant Ian Beattie (Meryn Trant, horriblement occis en saison 5 par Arya Stark) et Carice Van Houten (Mélisandre). La costumière Michele Clapton était également de la fête, livrant quelques anecdotes sur le titanesque travail en amont de la confection des costumes et accessoires. Comme The Touring Exhibition n’est évidemment pas une entreprise philanthropique, une boutique Game of Thrones propose à la vente la panoplie habituelle de bibelots à l’issue de cet excitant parcours (tee-shirts, mugs, coques d’iPhone, etc.).

Et si vous avez besoin d’un petit coup d’œil préalable avant de vous déplacer jusqu’au parc des expositions de la Porte de Versailles, Le Point Pop a pensé à tout : petite visite guidée, avec les explications d’Alain Bernardin, le créateur d’Encore Productions, producteur français de l’exposition. De quoi nous faire patienter un peu avant le grand retour de la série en avril 2019, pour sa huitième et ultime saison.

« Game of Thrones : The Touring Exhibition ». Du 1er juin au 2 septembre 2018, Paris Expo, Porte de Versailles (pavillon 2.1). Ouvert tous les jours de 10 heures à 19 heures, le samedi jusqu’à 22 heures.

Crèmes dépigmentantes : claire à tout prix !

 À Paris, on estime qu’environ 20 % des femmes d’origine africaine utilisent des produits contenant de l’hydroquinone, dangereuse pour leur santé.

 

Les Sénégalaises appellent cela le « xessal  », les Camerounaises le « maquillage  » et les Maliennes parlent de « tcha-tcho  » . Les médecins, quant à eux, déplorent une « dépigmentation volontaire ». La Mairie de Paris estime qu’environ 20 % des femmes d’origine africaine habitant la capitale appliquent crèmes et sérums blanchissants à base d’hydroquinone. Un vrai problème de santé publique : ce composant interdit à la vente libre en Franceconduit, en application cutanée, au vieillissement prématuré de la peau et à de multiples complications irréversibles. En inhibant la production de la mélanine, il fait perdre à la peau sa protection naturelle contre les rayons du soleil et la rend plus sujette à certains types de cancers. Ce produit dangereux peut aussi amincir la peau, laissant apparaître des taches foncées ou des vergetures définitives. D’autres effets secondaires sont à noter, notamment l’ochronose, une pigmentation bleuâtre ou noirâtre.

Selon le dermatologue Pierre-Patrice Cabotin, « le problème de l’hydroquinone, c’est que ça entraîne un éclaircissement en inhibant les cellules pigmentaires (les mélanocytes), mais ça a également un effet destructeur. À la longue, on peut avoir des dépôts en profondeur, du fait de la dégradation de l’hydroquinone et de divers produits de la mélanine qui donnent des peaux noirâtres – l’ochronose – et qui sont définitives. » Et de préciser : « On peut utiliser de l’hydroquinone, sur des durées limitées, à des concentrations définies, et sous surveillance médicale. »

Un marché international en pleine expansion

Malgré les risques, la tendance ne cesse d’enfler et touche tous les continents. En 2024, le marché mondial de la dépigmentation représentera plus de 31,2 milliards de dollars, selon Global Industry Analysts . Un business colossal qui doit son succès à une découverte accidentelle. Dans les années 60, les ouvriers américains dans l’industrie du caoutchouc utilisent des produits à base d’hydroquinone. Ils constatent rapidement l’effet blanchissant du composant sur les mains des ouvriers noirs. De quoi inspirer l’industrie cosmétique, qui vendra à travers le monde « la beauté blanche », surfant sur un vieux complexe hérité de l’ère coloniale.

Si la ruée sur les crèmes dépigmentantes est un phénomène essentiellement asiatique et africain, la France et ses six millions de femmes noires ou métisses n’y échappent pas. À Château-Rouge, le quartier afro de Paris, les magasins de cosmétiques proposent un choix abondant de crèmes. Les commerçants vendent parfois un produit blanchissant sans savoir qu’il contient de l’hydroquinone. D’autres ignorent que ce composant est interdit à la vente libre en France depuis le 1er janvier 2001, quel qu’en soit le dosage. En effet, la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) a établi une liste des produits éclaircissants non conformes et dangereux pour la santé. Saisis et retirés du marché entre janvier 2015 et avril 2016, ces produits transitent pourtant tous les mois depuis l’Afrique. Caro Light, Caro White ou encore Clear Essence, des dizaines de crèmes au nom évocateur, fleurissent inlassablement sur le marché.

 

L’hydroquinone, un poison en tube

En France, l’hydroquinone n’a qu’un seul usage autorisé dans les cosmétiques pour la préparation pour ongles artificiels et à une faible teneur (0,02 %). Or, dans les produits blanchissants, la DGCCRF a identifié des dosages de l’ordre de 4 % pour les crèmes (pots), laits (flacons), et dans les huiles à des teneurs plus fortes (8 à 10 %).

Aissata Lany (dont le nom a été modifié), ancienne utilisatrice de crèmes éclaircissantes, a confié au Point son expérience. Elle se souvient que pour « rester dans le mouv’ » et éviter les remarques douloureuses, elle a dû sacrifier son teint ébène. Pendant près de dix ans, elle a appliqué des crèmes à base d’hydroquinone, importées d’Afrique ou achetées dans les magasins parisiens, y consacrant un budget de quelque 200 euros par mois. La jeune femme reconnaît même avoir fait des réserves de crèmes, de peur de les voir disparaître des rayons. Malgré les dangers pour sa santé et le poids financier de cette « addiction », qu’importe les sacrifices, il fallait être blanche à tout prix.

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Près de 700 000 Rohingyas ont fuit les exactions de l’armée birmane s’entassant dans des camps de fortune au Bangladesh. Violences, épidémies ou catastrophes naturelles, leurs conditions de vie sont alarmantes. L’ONU a lancé en mars dernier un appel de fonds d’un milliard de dollars.

 

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« On peut être aveugle ou mal-voyant et marquer des buts à des gardiens voyants ». Le football n’a qu’à bien se tenir, le Cécifoot, sa variante pour les déficients visuels, s’est imposé dans le handisport. Les joueurs guidés par l’ouïe et les multiples techniques d’adaptation ont démontré à plusieurs reprises ce qui semblait impossible : jouer au football dans le noir.

 

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