« On dort dans le cockpit durant le vol »

En pleine pénurie de pilotes qui l’a poussé à annuler 20.000 vols cet hivers, Ryanair fait face à la grogne de son staff, exténué par les conditions de travail « extrêmement difficiles« . Explications.

 

Source: Metropolitain

 

[divider]Ryanair: une sécurité bricolée?[/divider]

Déjà, Ryanair c’est une stratégie commerciale à l’égale des prix que la compagnie propose: 41 euros le billet en moyenne… Il fallait bien marger quelque part pour offrir un service aussi peu couteux. Du coup, les pilotes, les hôtesses et stewarts paient leur parking, l’assurance perte de licence et leurs uniformes. Ils ouvrent également les vannes des réservoirs pour approvisionner l’appareil avant le décollage. Une façon d’économiser une assistance au sol.

 

Ils travaillent 5 jours par semaine ce qui fait des pilotes Ryanair « les plus productifs d’Europe ».

A quel prix? « Dès le quatrième jour, on est fatigué. Résultat, on dort dans le cockpit durant le vol« , confesse un des pilotes au journal Libération lundi. Le même jour, Christophe Tarot, le président du Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL), s’est exprimé sur Franceinfo pour dénoncer les conditions de travail « extrêmement difficiles » chez la compagnie Ryanair« Les pilotes sont fatigués, les personnels navigants commerciaux sont à bout. Donc oui, il faut que Michael O’Leary [le PDG de Ryanair] entende que continuer comme cela, c’est aller droit dans le mur« , a déploré le président du syndicat.

 

Ces témoignages alarmants s’ajoutent au récit inquiétant d’un ancien pilote de Ryanair qui dénonçait dans une interview à RTL les pratiques dangereuses de la compagnie à bas coûts.

Source: Le Soir

Fin septembre, un ancien pilote de Ryanair était déjà sorti du silence par dénoncer les pratiques dangereuses de la compagnie irlandaise. Il avait confié à RTL que Ryanair « joue avec la sécurité » de ses passagers.

Comment? En faisant prendre le quota minimum de kérosène en vol pour que l’avion plus léger consomme moins, une stratégie qui aurait été à l’origine de plusieurs incidents aériens. Après trois atterrissages d’urgence en Espagne en juillet 2012, une enquête avait alors été ouverte par les autorités espagnoles. Le syndicat allemand des pilotes Cockpit avait estimé que la compagnie à bas prix exerce « une forte pression » sur ses pilotes pour faire des économies de carburant. La compagnie affirmait encore que « tous ses vols opèrent avec le niveau de kérosène requis« .

Garder le train d’atterrissage rentré le plus tard possible ou faire pression sur les pilotes pour qu’ils dépassent leur volume d’heure hebdomadaire sont autant de pratiques qui ont soulevé des questions quant à la sécurité de la compagnie. « On m’a forcé à dépasser le temps de travail de deux heures sous peine de perdre ma base de travail, et d’être envoyé dans une base qui me plairait moins » témoigne l’ancien pilote. Il conclut:  « Je pense que la compagnie joue avec la sécurité, et que ça se terminera probablement par un accident un jour ou l’autre, avec 350 appareils et 1500 vols par jour, c’est une question de temps« .