Ryanair : « Ça se terminera par un accident »

Une énième alarme s’est déclenchée fin septembre dernier: un nouveau témoignage d’un ancien commandant de bord de Ryanair confirme les prises de risque de la compagnie en terme de réserve de kérosène notamment. D’autres employés de la compagnie ont dénoncé des cadences et des conditions de travail difficiles.

Ryanair qui fait face à une pénurie de pilotes a supprimé 20000 vols cet hivers et affronte la pire crise sociale depuis sa création. La compagnie à bas coûts est soupçonnée de marger sur la sécurité des passagers par souci de rendement.

Même le commandant Chesney Sullenberger prend la défense de ses confrères, dénonçant l’obsession de la rentabilité de certaines compagnies aérienne. Une obsession qui peut se révéler fatale en terme de sécurité des passagers.

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[divider]Enquête en cours: « Ça se terminera par un accident« : la course aux profits est-elle une menace pour la sécurité des passagers dans le transport aérien? [/divider]

Une énième alarme s’est déclenchée fin septembre dernier: un nouveau témoignage d’un ancien commandant de bord de Ryanair confirme les prises de risque de la compagnie en terme de réserve de kérosène notamment. D’autres employés de la compagnie ont dénoncé des cadences et des conditions de travail difficiles.

Ryanair qui fait face à une pénurie de pilotes a supprimé 20000 vols cet hivers et affronte la pire crise sociale depuis sa création. La compagnie à bas coûts est soupçonnée de marger sur la sécurité des passagers par souci de rendement.

Même le commandant Chesney Sullenberger prend la défense de ses confrères, dénonçant l’obsession de la rentabilité de certaines compagnies aérienne. Une obsession qui peut se révéler fatale en terme de sécurité des passagers.

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[divider]Enquête en cours: « Ça se terminera par un accident« : la course aux profits est-elle une menace pour la sécurité des passagers dans le transport aérien? [/divider]

Les conclusions de l’enquête

Le 6 mars 2016, le rapport d’enquête indique que le MH370 reste un mystère et ne fournit aucune explication sur les circonstances de la disparition.


« A ce jour, l’épave du MH370 n’a toujours pas été retrouvée malgré la poursuite des recherches dans le sud de l’océan Indien », précise le rapport publié deux ans jour pour jour après la disparition du Boeing 777, le 8 mars 2016.

6 mois plus tard, le 2 novembre, le Bureau australien de la sécurité et des transports (ATSB) publie son rapport d’enquête.

Le rapport contient d’importantes nouvelles informations sur ce que nous croyons qu’il est arrivé au vol MH370

Selon le rapport de l’Australian Transport Safety Bureau , les dernières communications satellitaires de l’avion « correspondent au fait que l’appareil descendait à une vitesse très élevée » lorsqu’il a disparu.

Le ministre australien des Transports Darren Chester ajoute que ce document apporte de plus amples précisions qui restent pourtant hypothétiquesl’avion n’avait plus personne à ses commandes, il était à court de carburant et il serait descendu à très grande vitesse sans être paramétré pour un amerrissage d’urgence. En d’autres termes, à court de carburant, le Boeing se serait abîmé aux larges des côtes Ouest australiennes. 

Les analyses du volet extérieur droit retrouvé au large de la Tanzanie infirme la tentative d’amerrissage d’urgence. Il était «très probablement dans une position rétractée» (en phase d’atterrissage ou d’amerrissage, les volets sont déployés) avant de sombrer dans l’océan.

 


 

Les raisons qui expliquent la trajectoire du MH370, l’identité de l’auteur de l’abandon du plan de vol et son mobile restent un mystère.

Les enquêteurs malaysiens et australiens retiendront plusieurs possibilités non démontrées: une défaillance mécanique ou structurelle, une prise d’otage ou un acte terroriste.

Le fret: le chargement de la soute

Dès les premiers jours, NNR Global Logistics – l’entreprise en charge du fret – arrête de communiquer. En temps normal, la liste du chargement est transmise sous 24 à 48 heures aux enquêteurs et au public.
Dans le cas du MH370, NNR Global Logistics mettra plus de 7 semaines à publier le contenu du chargement du Boeing. Familles et journalistes s’interrogent: la liste est-elle complète ? A t-elle été modifiée?

2 tonnes de fruits hors saison

On découvre que le Boeing transportait 224 colis dont plus de deux tonnes de mangoustans frais, un fruit tropical dont raffolent les chinois. Toutefois la saison des mangoustans débute en juin et se termine à l’arrivée de l’automne en Asie du sud-est. D’où viennent ces fruits? Là aussi les enquêteurs n’ont pas de réponse. Du coup, la question suivante divise l’opinion: s’il n’y avait pas deux tonnes de ces fruits, qu’y avait-il dans les 224 colis chargés dans la soute? La réponse se trouverait-elle là où la Malaysia Airlines a fourni des informations erronées.


Des produits inflammables en soute

Dans le cas d’un accident aérien, le chargement d’un avion commercial est une donnée essentielle pour diriger les enquêteurs dès le lendemain du drame. La présence de produits inflammables en soute, comme les batteries au lithium, a déjà été la cause d’un crash.

C’est le cas du vol 6 de la compagnie UPS airlines qui s’est embrasé à Dubaï le 3 septembre 2010. Le Boeing 747F transportait des piles au lithium qui se sont enflammées provoquant un incendie dans la soute. Il s’écrase et prend feu tuant les 2 membres d’équipage.

Vol 6 UPS
Vol 6 UPS Airlines 3 septembre 2010 lieu du crash: Dubaï

Depuis cet accident, l’OAIC (Organisation de l’aviation civile international) oeuvrait pour restreindre le transport de batteries au lithium sur les vols passagers. Au 1er janvier 2013, son transport en cargaison soute sur les vols passagers est formellement interdit.


221 kilos ou 2453 kilos de piles au lithium?

Alors que le PDG de la Malaysia Airlines – Ahmad Jauhari Yahya – avait d’abord nié la présence de produits dangereux dans une conférence, il avoue quelques jours plus tard que 221 kilos de batteries au lithium se trouvaient en soute du MH370 précisant que leur empaquetage serait conforme à une disposition de l’OACI. Qui dit vrai?

Reportage: « Vol MH370: que s’est-il passé? », M6, 07/07/15
Les enquêteurs engagés par les familles arrivent finalement à retrouver la liste officielle du fret. Coup de théâtre: selon le document, il n’y avait pas 221 kilos mais 2453 kilos de batteries au lithium. La Malaysia Airlines et NNR Global Logistics ne réagiront pas.
 
 
 
MH-370-Fret
Liste du fret du MH370

La base de Diego Garcia

L’absence de débris aux larges des côtes australiennes, l’autorité des données de l’étude Inmarsat, les délais pour obtenir des informations normalement fournie rapidement sèment le doute sur la transparence du gouvernement malaysien et alimentent les thèses les plus folles.
Les familles des victimes, des enquêteurs indépendants et Tim Clark, président de la compagnie Emirates, rejettent publiquement la version officielle de la trajectoire du MH370. Dans ce vide d’indices et cette abondance de contradictions, des pistes émergent. Un scénario complotiste représenterait-il l’unique logique de la disparition du Boeing? 

La base de Diego Garcia

La base de Diego Garcia
La base de Diego Garcia

 

Située à près de 2.000 km au sud des Maldives dans un atoll isolé, la base de Diego Garcia est la plus grande base militaire américaine au monde. Elle constitue un soutien logistique pour toute la région du pourtour de l’océan Indien et représente le « fer de lance » de l’armée américaine.

Diego Garcia sert de base de départs des raids de bombardements dès 1991 alors que la guerre du Golfe fait rage. Elle garde les mêmes fonctions pendant la guerre d’Afghanistan,  la guerre en Irak, et depuis la crise en Syrie. Ses équipes sont également spécialisés dans l’espionnage par satellites et par câbles sous-marins.

Par ailleurs, l’institution militaire a été accusée à plusieurs reprises de détention arbitraire et d’actes de torture.

Diego Garcia torture illlu

Elle reste à ce jour l’une des bases militaires les plus secrètes au monde. 

La piste de l’avion abattu

Beaucoup avancent une thèse digne d’un scénario hollywoodien: le MH370 aurait poursuivit sa route en direction des côtes Est africaines. Il aurait ensuite survolé les Maldives avant d’opérer un virage à gauche pour foncer cap Sud sur la base de Diego Garcia. Menaçant l’espace aérien militaire, le Boeing aurait été abattu par les forces armées quelques miles aux larges des côtes.

Reportage: « Vol MH370: que s’est-il passé? », M6, 07/07/15

Cette version des faits est soutenue par une quarantaine de témoignages locaux. Des habitants d’une île du sud des Maldives affirment qu’un avion de ligne – « avec le ventre gris et des lignes rouges et bleues » – volait à basse altitude au petit matin du 8 mars 2014. 

Boeing 777-200 - Malaysia Airlines
Boeing 777-200 ER Malaysia Airlines

 

Il aurait ensuite fait un virage pour s’aligner plein Sud en direction de la base de Diego Garcia.

Reportage: Envoyé Spécial: « MH370: aller-simple pour l’inconnu », France 2, 13/01/17

Les débris et les boîtes noires

Dans la disparition du MH370, deux éléments sont particulièrement inhabituels: l’absence de débris dans la zone de recherche déterminée par les enquêteurs et le nombre infime de pièces identifiées comme appartenant à l’appareil aux larges des côtes est africaines.

MH370 zone de recherche bis


Au large de l’Australie: 0 pièce retrouvée

Revenons aux opérations de recherche à plus de 2260 km à l’ouest de Perth pour retrouver les boîtes noires du vol MH370, données déterminantes pour comprendre les causes d’un crash.

Un Boeing 777 a deux boîtes noires: l’une enregistre les conversations dans le cockpit, l’autre enregistre les paramètres et les données de vol. Après un crash, leur balise subaquatique a une autonomie électrique de 30 jours. Autrement dit, les boîtes noires émettent un ping de localisation pendant 30 jours après immersion. Les équipes à leur recherche ont donc un mois pour suivre l’unique indice de géolocalisation de l’aéronef crashé.

Au 28ème jour de recherche, alors qu’il ne reste plus que 48 heures avant que les boîtes noires ne cessent de fonctionner, deux bateaux entendent un ping. Arrivé sur place, le premier bateau oublie d’enregistrer les données, quant à l’autre, il confond le ping avec le bruit de son propre navire. Ces incompétences à répétition sèment d’avantage de doutes sur l’efficacité de ces recherches.

Faute d’éléments nouveaux, les recherches seront suspendues dans cette zone le 17 janvier 2017.

Est-il possible qu’un Boeing de 350 tonnes pulvérisé ne laisse aucune trace?

Un cas unique dans l’histoire de l’aviation civile:

Le 1er juin 2009, le vol AF447 de la compagnie Air France s’abîme au milieu de l’océan Atlantique avec 228 personnes à bord. Dès les premiers jours, des débris sont retrouvés sur place. Deux ans plus tard, d’autres pièces ainsi que les boîtes noires sont repêchées au milieu de l’océan Atlantique. En tout, près de 3000 débris seront retrouvés et analysés.

Le 2 septembre 1998, le vol 111 de la compagnie Swissair s’abîme aux larges des côtes canadiennes avec 229 personnes à bord. Les enquêteurs peinent à trouver la cause du crash. Pour tenter de trouver des réponses, ils organisent la récupération de plus de 2 millions de débris dans les fonds de l’Atlantique nord. Ils seront tous analysés et permettront d’expliquer la véritable cause, à savoir, un incendie en soute.


A ce jour, 8 débris ont été identifiés hors de la zone de recherche comme appartenant au vol MH370 alors que plusieurs dizaines de pièces n’ont toujours pas fait l’objet d’études des enquêteurs. 

Au large de l’Afrique: des pièces, de la confusion et peu de collaboration

Dans le cas du MH370, une trentaine de débris seront retrouvés sur le littoral de l’océan indien au large de l’Afrique de l’Est:

  • Afrique du sud
  • Mozambique
  • Ile Maurice
  • Madagascar
  • Ile de la Réunion
  • Maldives
  • Tanzanie
Sur une trentaine, huit seront analysés et identifiés comme appartenant au MH370, notamment:
  • un flaperon est retrouvé le 29 juillet 2015 sur la côte est de l‘Ile de la Réunion. Il est envoyé pour analyse au BEA. Le 6 août 2015, le Premier ministre malaisien affirme qu’il appartient au Boeing 777.

Flaperon

  • un bout d’aile retrouvé en juin 2016 au large des côtes de la Tanzanie. Le 15 septembre, la Malaysia Airlines affirme qu’il provient également du Boeing 777.

Tanzania Permanent Secretary to the ministry of Works, Transport and Communication Leonard Chamuriho hands over of a wing suspected to be a part of missing Malaysia Airlines jet MH370 discovered on the island of Pemba, in Dar es Salaam

 
 
D’autres pièces seront retrouvées et soupçonnées d’appartenir au MH370 mais ne feront l’objet d’aucune étude officielle:
  • Aux Maldives: un extincteur est retrouvé par des pêcheurs et ressemble de près à un extincteur de soute d’un Boeing 777-200. Pourtant, les bureaux d’analyse malaysiens et australiens refusent de l’analyser.

Extincteur MH370

  • A Madagascar, d’autres débris sont identifiés comme probablement appartenant au MH370. Un enquêteur indépendant, Blaine Gibson, a recensé une trentaine de pièces. Leurs clichés ont été envoyés aux enquêteurs malaysiens et australiens qui commencent à peine à lui donné du crédit.

L’engagement de la Malaysia Airlines en cause:

En 2016, dans le cadre du reportage d’Envoyé spécial « MH370: aller-simple pour l’inconnu« , les journalistes tentent de faire identifier une des pièces retrouvées par Blaine Gibson.

Après plusieurs tentatives, le Directeur de la cellule de crise de la Malaysia Airlines, Modh Fuas Sharuji, accepte enfin de les rencontrer. Incroyable mais vrai: lors de l’interview, ce dernier déclare ne pas être au courant de l’existence de ces débris. Pourtant des dizaines de clichés inondent la toile et plusieurs enquêteurs ont informé la compagnie, sans réponse en retour.

Reportage: Envoyé Spécial: « MH370: aller-simple pour l’inconnu », France 2, 13/01/17

Face à ce manque de collaboration, le 3 décembre 2016, les proches des disparus lancent une campagne de recherches de débris à Madagascar. Ils ne reçoivent aucun financement ni aucune aide quelle qu’elle soit de la Malaysia Airlines ou du gouvernement malaysien. 
Le porte-parole des familles des victimes chinoises rejette la version officielle. Il propose la thèse de Diego Garcia qui pourrait expliqué pourquoi ces débris sont retrouvés au large du continent africain bien loin de la zone de recherches officielle.

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