Les débris et les boîtes noires

Dans la disparition du MH370, deux éléments sont particulièrement inhabituels: l’absence de débris dans la zone de recherche déterminée par les enquêteurs et le nombre infime de pièces identifiées comme appartenant à l’appareil aux larges des côtes est africaines.

MH370 zone de recherche bis


Au large de l’Australie: 0 pièce retrouvée

Revenons aux opérations de recherche à plus de 2260 km à l’ouest de Perth pour retrouver les boîtes noires du vol MH370, données déterminantes pour comprendre les causes d’un crash.

Un Boeing 777 a deux boîtes noires: l’une enregistre les conversations dans le cockpit, l’autre enregistre les paramètres et les données de vol. Après un crash, leur balise subaquatique a une autonomie électrique de 30 jours. Autrement dit, les boîtes noires émettent un ping de localisation pendant 30 jours après immersion. Les équipes à leur recherche ont donc un mois pour suivre l’unique indice de géolocalisation de l’aéronef crashé.

Au 28ème jour de recherche, alors qu’il ne reste plus que 48 heures avant que les boîtes noires ne cessent de fonctionner, deux bateaux entendent un ping. Arrivé sur place, le premier bateau oublie d’enregistrer les données, quant à l’autre, il confond le ping avec le bruit de son propre navire. Ces incompétences à répétition sèment d’avantage de doutes sur l’efficacité de ces recherches.

Faute d’éléments nouveaux, les recherches seront suspendues dans cette zone le 17 janvier 2017.

Est-il possible qu’un Boeing de 350 tonnes pulvérisé ne laisse aucune trace?

Un cas unique dans l’histoire de l’aviation civile:

Le 1er juin 2009, le vol AF447 de la compagnie Air France s’abîme au milieu de l’océan Atlantique avec 228 personnes à bord. Dès les premiers jours, des débris sont retrouvés sur place. Deux ans plus tard, d’autres pièces ainsi que les boîtes noires sont repêchées au milieu de l’océan Atlantique. En tout, près de 3000 débris seront retrouvés et analysés.

Le 2 septembre 1998, le vol 111 de la compagnie Swissair s’abîme aux larges des côtes canadiennes avec 229 personnes à bord. Les enquêteurs peinent à trouver la cause du crash. Pour tenter de trouver des réponses, ils organisent la récupération de plus de 2 millions de débris dans les fonds de l’Atlantique nord. Ils seront tous analysés et permettront d’expliquer la véritable cause, à savoir, un incendie en soute.


A ce jour, 8 débris ont été identifiés hors de la zone de recherche comme appartenant au vol MH370 alors que plusieurs dizaines de pièces n’ont toujours pas fait l’objet d’études des enquêteurs. 

Au large de l’Afrique: des pièces, de la confusion et peu de collaboration

Dans le cas du MH370, une trentaine de débris seront retrouvés sur le littoral de l’océan indien au large de l’Afrique de l’Est:

  • Afrique du sud
  • Mozambique
  • Ile Maurice
  • Madagascar
  • Ile de la Réunion
  • Maldives
  • Tanzanie
Sur une trentaine, huit seront analysés et identifiés comme appartenant au MH370, notamment:
  • un flaperon est retrouvé le 29 juillet 2015 sur la côte est de l‘Ile de la Réunion. Il est envoyé pour analyse au BEA. Le 6 août 2015, le Premier ministre malaisien affirme qu’il appartient au Boeing 777.

Flaperon

  • un bout d’aile retrouvé en juin 2016 au large des côtes de la Tanzanie. Le 15 septembre, la Malaysia Airlines affirme qu’il provient également du Boeing 777.

Tanzania Permanent Secretary to the ministry of Works, Transport and Communication Leonard Chamuriho hands over of a wing suspected to be a part of missing Malaysia Airlines jet MH370 discovered on the island of Pemba, in Dar es Salaam

 
 
D’autres pièces seront retrouvées et soupçonnées d’appartenir au MH370 mais ne feront l’objet d’aucune étude officielle:
  • Aux Maldives: un extincteur est retrouvé par des pêcheurs et ressemble de près à un extincteur de soute d’un Boeing 777-200. Pourtant, les bureaux d’analyse malaysiens et australiens refusent de l’analyser.

Extincteur MH370

  • A Madagascar, d’autres débris sont identifiés comme probablement appartenant au MH370. Un enquêteur indépendant, Blaine Gibson, a recensé une trentaine de pièces. Leurs clichés ont été envoyés aux enquêteurs malaysiens et australiens qui commencent à peine à lui donné du crédit.

L’engagement de la Malaysia Airlines en cause:

En 2016, dans le cadre du reportage d’Envoyé spécial « MH370: aller-simple pour l’inconnu« , les journalistes tentent de faire identifier une des pièces retrouvées par Blaine Gibson.

Après plusieurs tentatives, le Directeur de la cellule de crise de la Malaysia Airlines, Modh Fuas Sharuji, accepte enfin de les rencontrer. Incroyable mais vrai: lors de l’interview, ce dernier déclare ne pas être au courant de l’existence de ces débris. Pourtant des dizaines de clichés inondent la toile et plusieurs enquêteurs ont informé la compagnie, sans réponse en retour.

Reportage: Envoyé Spécial: « MH370: aller-simple pour l’inconnu », France 2, 13/01/17

Face à ce manque de collaboration, le 3 décembre 2016, les proches des disparus lancent une campagne de recherches de débris à Madagascar. Ils ne reçoivent aucun financement ni aucune aide quelle qu’elle soit de la Malaysia Airlines ou du gouvernement malaysien. 
Le porte-parole des familles des victimes chinoises rejette la version officielle. Il propose la thèse de Diego Garcia qui pourrait expliqué pourquoi ces débris sont retrouvés au large du continent africain bien loin de la zone de recherches officielle.

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