LA BALANCE
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La nuit de la disparition du MH370, la passivité des autorités malaysiennes, de sa défense aérienne comme celle de la Malaysia Airlines sont pointées du doigt.

Une procédure d’alerte déclenchée trop tard

A 01h38, le centre de contrôle du trafic aérien de Kuala Lumpur est contacté par ses homologues vietnamiens. Ils n’arrivent toujours pas à reprendre contact avec le cockpit et à déterminer la position du MH370. Depuis 01h21 au point de Cheminement Igari, la position du vol a disparu des radars civils et le cockpit est maintenant silencieux depuis 01h19.

A 02h03, la Malaysia Airlines est prévenue de la disparition du MH370. Pourtant, elle mettra plus de 4 heures pour réagir entre le dernier signal de l’avion détecté et le lancement des recherches officielles. 

Elle activera à 5h30 le centre des coordinations du secours aérien de Kuala Lumpur. 

 

La passivité de la défense aérienne

Dès le 17 mars, les autorités malaysiennes divulguent les données des radars primaires militaires la nuit de la disparition.

Les radars ont pu suivre la trajectoire de l’avion pendant plus d’une heure, entre le point de cheminement Igari (01h21) et la dernière position en mer d’Andaman (02h15). Depuis la disparition des écrans radars civils à 01h19, les militaires ont donc continué de suivre la trajectoire du vol MH370 qui poursuivait son parcours en direction de la base militaire de Butterworth.

A 01h52, le vol MH370 est toujours silencieux et invisible des radars civils depuis maintenant 33 minutes. Il s’apprête à violer l’espace aérien de la base de Butterworth.

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Toutefois, celle-ci reste passive et décide de ne pas appliquer la procédure qui consiste à envoyer des chasseurs pour prendre un contact visuel avec le cockpit et éventuellement abattre l’avion si les pilotes ignorent les instructions données.

On découvre donc que l’armée n’a pas réagit et a laissé le MH370 voler en dehors de son plan de vol autorisé. De plus, elle a laissé le Boeing violer son propre espace aérien militaire, ce qui est formellement interdit pour un avion de ligne commercial.


 

La procédure internationale en cas de rupture de contact avec un avion de ligne:

Lors d’une rupture de contact avec un avion de ligne, la procédure internationale en aviation civile consiste en trois phases d’alerte:

  • INCERFA: après 30 premières minutes de silence radio avec le cockpit, la circulation aérienne et la gendarmerie locale (ou l’équivalent) sont interrogées,
  • ALERFA: ensuite, faute de nouveaux éléments, les autorités sont alertées et les contrôleurs aériens civils préviennent l’armée pour prendre un contact visuel avec le cockpit et éventuellement l’abattre,
  • DETRESFA: l’armée et tous les contrôleurs aériens de la région sont mobilisés dans la recherche de l’avion manquant.

Dans l’histoire de l’aviation, plus de 40 vols ont été interceptés et/ou abattus par des forces armées:

Le 21 février 1973, le vol 114 de Libyan Arab Airlines se perd peu de temps après son décollage. Il viole l’espace aérien israélien et refuse d’atterrir. Les pilotes ignorent les tentatives de contact visuelle des chasseurs israéliens qui l’abattent faisant 113 victimes.
Vol 114 - image d'illustration

Vol 114 Libyan Arab Airlines – Intervention militaire (image d’illustration).jpg

Le 14 août 2005, le vol 522 d’Helios Airways subit une dépressurisation lente : l’équipage et tous les passagers meurent asphyxiés, faute d’oxygène à bord. L’appareil fantôme vole alors sans aucun contrôle depuis le cockpit. Deux F-16 des forces armées grecques décollent pour prendre un contact visuel. L’avion ne menaçant pas une zone peuplée, les chasseurs le laissent s’écraser lorsqu’il est à court de carburant. 
Vol 552 Helios Airlines - Intervention militaire (image d'illustration)

Vol 552 Helios Airlines – Intervention militaire (image d’illustration).jpg


 
Les familles des disparus comme les spécialistes de la profession sont sidérés par la non application des procédures standards de sécurité aérienne.

Le ministre des Transports malaysien Hishammudin Hussein se justifie:

Reportage: Envoyé Spécial: « MH370: aller-simple pour l’inconnu », France 2, 13/01/17

Le Major Zaïdi Ahmad, ancien pilote de chasse de la Royal Malaysian Air Force, explique la trajectoire du MH370 au-dessus de la base de Butterworth*

Reportage: Envoyé Spécial: « MH370: aller-simple pour l’inconnu », France 2, 13/01/17

Le Major Zaïdi Ahmad confirme le laxisme de l’armée de l’air malaysienne*:

Reportage: Envoyé Spécial: « MH370: aller-simple pour l’inconnu », France 2, 13/01/17

François Nenin, journaliste spécialiste dans l’aérien, reste sidéré par la façon dont la défense aérienne justifie sa non-intervention:

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